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Rue du Torrent 6
 

Certains d’entre vous savent que nous avons décidé il y a six mois environ de modifier nos horaires d’ouverture et de fermer l’atelier le vendredi après-midi et d’ouvrir le samedi de 10h à 14h. Mais d’après vous, que fait l’équipe dlignes le vendredi après-midi ? Du ménage ? Des colloques ? Des apéros ? Et bien, un peu de tout ça, parfois tout en même temps. Mais nous en profitons également pour faire des sorties entre nous, afin de mieux connaître nos collègues basés ailleurs, de nous cultiver et de rencontrer des clients, sous-traitants, collaborateurs potentiels. Le vendredi 15 janvier, nous avons entamé un voyage jusqu’à Auvernier, près de Neuchâtel, pour répondre à l’invitation de Elsa Schwarzer, rencontrée à Sion durant la Convention Destination Tokyo 2015.

Elsa et son mari, Laurent, nous ont donc reçus à l’occasion d’une exposition qu’ils organisaient dans leur atelier et intitulée Manufact. Nous avons donc pu découvrir le travail très impressionnant de ce couple complémentaire constitué d’un relieur-restaurateur et d’une artiste du papier. Connus depuis de nombreuses années pour leur maîtrise de la création du papier marbré, ils ont détourné diverses techniques de composition et transformation du papier pour créer de superbes concepts, tableaux, luminaires, et exposaient également des bijoux et de petits objets de décoration. Ils ont également associé à leurs propres productions celles d’un artiste du métal qui a produit divers objets en acier Damas, dont

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1ÈRE EDITION D'UN MARCHÉ DES CRÉATEURS A MONTHEY

Une fois n'est pas coutume, nous avons décidé de vous présenter un événement auquel nous allons participer avant d'y être ! Vous pouvez trouver toutes sortes d'infos sur Facebook, mais nous, nous avons obtenu en exclusivité l'interview de l'organisatrice, Aurélie !

AURELIE / MAMAN / TRAVAILLE EN TANT QU'INDEPENDANTE

 1.       Qui se cache derrière le Lovely Sunday ? Qui es-tu et que fais tu dans la vie ?

Aurélie, 30 ans. Je gère ma boutique en ligne pour enfants et j'élève mes 2 enfants.

2.       Qu’est-ce qui t’as donné envie de faire cet événement ?

L'envie de faire découvrir un lieu magique chargé d'histoire avant sa démolition d'ici quelques années, et de faire découvrir aux gens de talentueux créateurs Suisses. Et je trouve que ce genre de rencontres dominicales manquent par ici.

3.       Comment t’est venu l’idée du titre ?

Aucune idée d'ou ça m'est venu mais je trouvais que ça sonnait bien! ;-)

4.       Des peurs, des problèmes que tu as rencontrés ?

Quoi ? Il n'y a pas de chauffage ? L'éclairage n'est pas top ? Il n'y a pas de cuisine ? Et l'eau n'est pas potable ??? Sinon aucun problème! ;-) 

5.       Qu’est-ce qu’il y aura ? Qui va-t-on rencontrer ?

Un délicieux brunch avec des produits home made ( même les oeufs que nous proposerons brouillés auront été ramassés au poulailler de mon grand-père le matin même!), une douzaine de créateurs de la région et la promesse de passer

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Des relieuses dans l'avion :)

Dlignes a été invité il y a près d'une année à un événement en Angleterre. Il s'agissait d'une conférence donné par des artistes anglais qui avaient participé à une résidence à Trélex, près de Nyon. L'organisatrice de cette résidence (et de bien d'autres), Nina, nous a présenté à ces artistes dans le cadre de projets qu'ils réalisaient. Ils sont venus dans notre atelier et ont pu y faire des travaux pour eux. Certains d'entre eux nous ont commandé des choses plus complexes que nous avons réalisés pour eux. C'était donc l'occasion de leur livrer les produits finis, de prendre un peu l'air et de prendre contact avec nos homologues d'outre-Manche. Tessa et moi nous sommes donc envolées pour Londres en début d'année, confiant les clés de la maison à Adeline.

La conférence était intéressante, bien que mon anglais soit si mauvais que j'en ai surtout retiré un sentiment général, ben... d'art, quoi. Des artistes qui parlaient de leur art, un langage qui peut être aussi cryptique dans n'importe quelle langue.

Heureusement, Tessa étais là pour relater les informations primordiales et les "private-jokes" tendancieux :) 

Nous sommes ensuite passées au vernissage où un homme à l'air critique examinait les livres présentés en soupirant. Reconnaissant-là ses propres déformations professionnelles, Tessa l'a approché et le hasard faisant bien les choses, nous avons fait la connaissance de Mark Cockram, avec qui nous avions rendez-vous le

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C’était un grand homme, un philosophe, un mec marrant. Il avait une chouette barbe, un chouette chapeau, un chouette humour, de chouettes amis. Un type qui collectionnait les plantes carnivores et qui avait fait face avec une classe incroyable à la maladie d’Alzheimer. Comment faire un hommage à mon auteur préféré sans redire tout ce qui a déjà été écrit et dit, sans tomber dans le mielleux et le gnangnan ? Je ne le connaissais pas personnellement, je n’ai pas d’anecdote ou de pensée profonde à son propos. Si ce n’est qu’il a changé ma vie de lectrice et m’a fait prendre conscience qu’on pouvait lire de la fantasy humoristique sans avoir honte d’apprécier ce sous-genre de la littérature, comme disent les gens cultivés, car j’ai rarement trouvé autant d’intelligence dans les ouvrages d’autres auteurs.

Qui peut vous parler du racisme, du féminisme, du capitalisme, de Hollywood, des mathématiques et des traditions, de philosophie, de religion, de la mort et surtout de la sagesse des orang-outans, tout en vous faisant attendre son prochain roman avec l’écume aux lèvres, trépignant sur place ? Dans mon cas, seul Pratchett y arrivait. Je suis d’ailleurs navrée pour toutes les personnes qui m’auraient aperçues entre deux parutions, poussant des gémissements d’impatience, les yeux injectés de sang. Je comprends mieux à la lumière de cette analyse le peu d’empressement des garçons à mon endroit durant mon adolescence…

D’un point de vue purement égoïste, je peux dire

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En fin février 2015 avait lieu un workshop de reliure au Ceruleum, l’école d’arts visuels de Lausanne. Nous avons eu l’honneur et le plaisir de l’animer, et voici nos impressions !

Tout d’abord, l’école est fort accueillante, ainsi que tous les responsables de filières et membres de l’administration que nous avons rencontré. Ce fut une joie de découvrir de nouvelles personnes si motivées à montrer des choses inédites à leurs élèves !

  

Les élèves, parlons-en ; des personnes intéressées et possédant une bonne dextérité, tout ce qu’il fallait pour des réultats à la hauteur de nos espérances ! Un public majoritairement féminin, même si un jeune homme avait décidé de sauter le pas !

   

La créativité était au rendez-vous et nous avons été très impressionnées par nos élèves, qui ont réalisé de main de maître des portfolios que nous aurions volontiers confisqués pour notre usage personnel !

Ces deux pages : le travail d'une vie !

Moine-copiste, voilà un métier obsolète ! Et tant mieux ! J'entends déjà les intellectuels ronchonner ; c'est l'avant-imprimerie, gnagnagna, sans eux les métiers du livre n'existeraient pas gnagnagna... On voit bien que ce n'est pas LEUR job ! Car si Dieu dans son infinie bonté avait décidé que vous seriez appelé par la prêtrise ou tout simplement fils en surplus, le destin qui vous attendait était plutôt sombre. Il suffisait que vous soyez une bille en maths et que vous ayez des affinités avec l'écriture plutôt que la main verte pour sceller votre avenir.

Vous pouvez lire la joie sur ce visage

Tous les prétextes étaient bons : une petite crise de foi ? immobilisé à cause d'une jambe cassée ? vous étiez là au moment où le père supérieur attribuait les corvées ? PAF, vous vous retrouvez à écrire un bouquin. Bien sûr, pas n'importe quel bouquin ! La Bible, la seule et l'unique (enfin, la traduction communément admise à l'époque). Vous aviez donc pour but de recopier page après page un ouvrage gigantesque, posté à côté d'une fenêtre dont l'isolation était inexistante pour pouvoir travailler le plus longtemps possible à la lumière du jour, courbé sur un inconfortable pupitre en bois.

Saviez-vous que certains moines copistes mettaient des messages dans les marges des textes qu'ils recopiaient ? L'équivalent de "Au secours" et autres "Laissez-moi mourir". Sympa, non ? Et si vous arriviez au bout de l'épreuve ultime du

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Anne Cuneo est décédée ce mercredi 12 février 2015. Mais qui est donc cette femme ?

Une sacré bonne femme, comme on dirait chez nous ! Italienne d’origine, née en 1936 (pas une année terrible en Italie), orpheline de père tôt dans son enfance, elle a vécu avec son frère dans plusieurs orphelinats avant de venir en Suisse. Elle passe par l’Angleterre pendant une année avant de revenir par chez nous et d’entamer des études de journalisme et de conseillère en publicité. Elle travaille à la TSR (connue par les plus jeunes d’entre nous sous le nom de RTS) et à la DRS. Elle a écrit de nombreux livres, a réalisé des films et des pièces de théâtre. Elle a d’ailleurs reçu le Prix Schiller pour l’ensemble de son œuvre et le titre de Chevalier des Arts et des Lettres, ainsi que celui de Commandeur de l’Ordre national du Mérite.

Dans le milieu de l’imprimerie et de la reliure, elle est surtout connue pour avoir écrit « le Maître de Garamond », un énorme pavé qui était au programme de culture générale de nos cours d’apprentissage. Malgré ses 619 pages ( !), ce livre arrive à être prenant et à tenir en haleine le lecteur tout au long de ses pages sur un sujet qui a priori n’est pas le plus excitant du monde : l’histoire d’un apprenti imprimeur et de son maître, qui finira brûlé sur la place publique sous des allégations infondées (pas de spoilers ici, c’est le début du livre). Il s’agit d’une histoire poignante de l’artisanat et des idées d’une époque obscure pour

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Reconnue profession obsolète par l'Etat (ce qui veut dire qu'une fois au chômage, vous faites partie des personnes à qui on peut payer une reconversion, car la probabilité de retrouver du travail est quasiment nulle), la reliure en Suisse semble mal partie pour conjuguer la tradition et la modernité.

Pourtant, même si le livre semble ne pas avoir sa place dans un monde moderne, les objets en papier rencontrent toujours un vif succès dans les supermarchés ou en papeterie.

Tout projet est possible en reliure, et notre taux d'adaptation est quasiment de 100%. Nos machines sont anciennes, mais les matériaux et l'ouverture sur le monde nous permettent d'innover tous les jours.

La réalité, c'est que le monde change et que les relieurs doivent changer avec lui. En effet, le statut d'artisan est passé de l'image d'un ouvrier qui faisait le travail de tous les jours à un artiste qui créé des produits de haute qualité, somptueux et uniques. Un artisan a cette chance de pouvoir combiner des compétences traditionnelles avec une sensibilité graphique contemporaine.

Tout le monde n'est pas encore prêt à adopter cette image "luxueuse" de l'artisan. Eux les premiers. Alors lorsque les artisans auront enfin l'impression que leurs clients ne leur font pas la charité en leur donnant du travail, nous pourrons oeuvrer tous ensemble pour redorer le blason de notre profession. La reliure ne mérite pas de s'éteindre, et notre métier n'est pas encore au bout de ses

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Vaste sujet, mais je commencerais par citer le professeur de reliure de l’ERACOM (là où tous les bébés bricoleurs deviennent de grands et forts relieurs !). Voici donc la meilleure définition de la reliure que je connaisse : « La reliure, c’est l’ensemble des opérations qui donnent à l'imprimé sa forme et sa présentation définitive. » Ça claque et en plus, c’est bref et concis. Merci, Monsieur Cosandier.

Bref, la reliure, c’est avant tout un ensemble très concret d’opérations. Dans certains cas, la créativité entre en jeu, mais la plupart du temps, le client a déjà une idée de l’objet qu’il veut réaliser. Peut-être êtes-vous déjà allé chez un relieur où vous avez fait appel à la créativité du professionnel sans idée définie de ce que vous vouliez. Cela peut être une source d’ennui incommensurable pour certains, car le bon goût est subjectif et que personne n’aime faire de son mieux et s’entendre dire : «  Je m’attendais à quelque chose de mieux ». C’est pourquoi la plupart des relieurs feront en sorte de vous amener à dire ce que vous désirez réellement, tout au fond de votre petit cœur. Au-delà de votre épanouissement personnel, c’est surtout le nôtre que nous essayons de préserver.

Chez dlignes, nous avons pris un pari audacieux. Celui de prendre le temps. Le temps de vous expliquer ce qui peut être fait. Nous ne commençons pas un travail si le client n’a aucune idée de ce à quoi ressemblera le résultat final. Pourquoi ? L’idée est la suivante. Une fois que vous

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Les arts graphiques sont dans l'ensemble en pleine mutation. Globalisation, technologie, rude concurrence chez les graphistes et imprimeurs... La reliure artisanale a longtemps observé cette course avec détachement, peu concernée par les événements. Après tout, les gens auront toujours besoin du papier, aha. Non ?

Aujourd'hui, le paysage professionnel de notre branche ressemble un peu à une toundra russe. Immense et désolé, avec une petite cahute de temps en temps. Nous devons évoluer si nous voulons que le métier survive. Voilà le but de ce blog ; prouver à ceux qui voudront nous suivre dans cette aventure, que la reliure artisanale a encore de beaux jours devant elle. Inventive, souple, drôle ou luxueuse, solide ou délicate, mais surtout ambitieuse et sûre d'elle, dlignes se propose de vous faire découvrir ce monde fabuleux au travers de ses clients, de ses rencontres et de ses créations.

Accompagnez-nous dans notre quotidien et riez (parfois de dépit), indignez-vous, découvrez un monde caché et mystérieux, celui de l'artisanat !

Bienvenue sur notre blog :)

Mitch, Adeline et Tessa

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