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Rue du Torrent 6
 

Ces deux pages : le travail d'une vie !

Moine-copiste, voilà un métier obsolète ! Et tant mieux ! J'entends déjà les intellectuels ronchonner ; c'est l'avant-imprimerie, gnagnagna, sans eux les métiers du livre n'existeraient pas gnagnagna... On voit bien que ce n'est pas LEUR job ! Car si Dieu dans son infinie bonté avait décidé que vous seriez appelé par la prêtrise ou tout simplement fils en surplus, le destin qui vous attendait était plutôt sombre. Il suffisait que vous soyez une bille en maths et que vous ayez des affinités avec l'écriture plutôt que la main verte pour sceller votre avenir.

Vous pouvez lire la joie sur ce visage

Tous les prétextes étaient bons : une petite crise de foi ? immobilisé à cause d'une jambe cassée ? vous étiez là au moment où le père supérieur attribuait les corvées ? PAF, vous vous retrouvez à écrire un bouquin. Bien sûr, pas n'importe quel bouquin ! La Bible, la seule et l'unique (enfin, la traduction communément admise à l'époque). Vous aviez donc pour but de recopier page après page un ouvrage gigantesque, posté à côté d'une fenêtre dont l'isolation était inexistante pour pouvoir travailler le plus longtemps possible à la lumière du jour, courbé sur un inconfortable pupitre en bois.

Saviez-vous que certains moines copistes mettaient des messages dans les marges des textes qu'ils recopiaient ? L'équivalent de "Au secours" et autres "Laissez-moi mourir". Sympa, non ? Et si vous arriviez au bout de l'épreuve ultime du livre entier avec ses enluminures (dans le plus chouette des cas, car la plupart des moines copistes étaient plutôt spécialisés dans quelques chapitres qu'ils pouvaient citer par coeur, afin de réduire les risques de fautes), il fallait encore relier le tout ensemble. Si vous voulez mon avis, à l'apparition de l'imprimerie, les hommes d'église ont peut-être crié au scandale, mais les moines copistes ne devaient pas être les plus virulents... 

En tous cas, vu l'énergie du désespoir que ces pauvres hommes ont dû mettre dans leur travail, il n'est pas étonnant qu'ils aient pris l'habitude d'enchaîner les livres à la bibliothèque dans laquelle on les rangeait...

Visite du Scriptorium avec Sean....:)

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